Les Cowboys Fringants, un sympathique petit jeu de mémoire et le monde merveilleux de la mémorisation des nombres binaires

En décembre dernier on m’a invité au Montreal International Game Summit pour affronter publiquement monsieur Karl Tremblay, le chanteur du génial groupe les Cowboys Fringants, au jeu “Gauche-Droite - Le Manoir” dont il est l’un des créateurs.

gauche droite.PNG

Le jeu est tout simple et bien sympathique : on est dans un manoir hanté, on traverse une série de portes et on affronte de méchants monstres. À chaque étape il faut se souvenir s’il fallait prendre la porte de droite ou celle de gauche. C’est un peu comme le bon vieux jeu "Simon", mais le chemin ne nous est pas montré à l'avance. Il faut le découvrir par essais et erreurs, puis le mémoriser afin de se rendre jusqu’à la fin des 5 niveaux. En cas d’erreur, on recommence au début du niveau. Les images sont jolies et la musique est excellente. Si vous n’avez pas d’expérience avec les techniques de mémorisation, je vous conseillerais seulement soit de remarquer des patterns imaginaires dans les séries de mouvements, soit d’observer les éléments distinctifs de chaque porte et d’inventer une raison bidon qui pourrait "justifier" le fait de prendre la gauche ou la droite. La porte de droite est bleue comme le ciel, elle doit sûrement mener au paradis. À l'étape suivante, le crapaud de la porte de gauche est beaucoup trop dégoûtant pour qu'on souhaite s'en approcher. Ce genre de conneries peut être bien utile, même lorsque les trucs improvisés semblent complètement absurdes et illogiques.

manoir.PNG

Pour moi par contre, il n’était pas question que je me contente d’utiliser des trucs aussi simplistes!

Le défi tombait bien parce que le hasard avait voulu que j’apprenne à mémoriser les nombres binaires à peine quelques semaines auparavant. Il suffisait donc que je convertisse les gauches et les droites en 0 et en 1 pour que je puisse, théoriquement du moins, en retenir des tonnes hyper rapidement. Si vous avez déjà un peu exploré ce site, vous savez qu’il est possible de transformer les chiffres en images et de construire des histoires qui rendent la mémorisation plusieurs fois plus facile qu’elle ne l’aurait été autrement. Saviez-vous aussi qu’il est possible d’être deux ou trois fois plus rapide en faisant le même processus avec des séries de nombres binaires comme 100-101-110-101-010-111?

Saviez-vous que l’actuel record du monde de mémorisation de nombres binaires est de 6270 en 30 minutes.

6270 en 30 minutes!

Voulez-vous apprendre comment est-ce cela fonctionne? Si oui vous pouvez continuer la lecture de cet article. Si non bien ehhh… on se reparlera une autre journée!

Je vais prendre pour acquis que vous avez déjà au moins une vague idée de comment fonctionne un palais de mémoire et un système pour la mémorisation des chiffres. Si ce n’est pas le cas, je vous conseillerais d’aller d’abord explorer un peu le reste de ce site en commençant par le début. Si c’est déjà fait, vous savez déjà qu’avec les techniques appropriées et un peu de pratique, il n’y a rien de surhumain dans le fait de mémoriser une longue série de chiffres. Dans la section de ce site qui porte sur ce sujet, j’explique même comment, une fois que certaines conditions sont bien remplies (palais de mémoire + un bon système + suffisamment de pratique), la mémorisation de chiffres peut littéralement devenir plus facile que n’importe quoi d’autre. Je suis très sérieux et je n’exagère pas. Il n’y a qu’une seule chose qui soit plus facile que la mémorisation de chiffres et c’est... (roulement de tambour) ... la mémorisation de nombres binaires! Oui oui, pour vrai. Ce n’est pas pour rien que le record du monde de mémorisation de nombres binaires en 30 minutes (6270) est trois fois plus élevé que le record pour les chiffres (1933 en 30 minutes au moment où j’écris ces lignes). Comme il n’y a que deux éléments possibles, les 0 et les 1, notre système peut plus facilement convertir un plus grand nombre de chiffres en un plus petit nombre d’images. Autrement dit, le nombre d’images qui est nécessaires pour retenir 100 chiffres ordinaires est exactement le même que pour retenir 300 nombres binaires, d’où la disparité entre les records.

Je vous explique, je vous explique.

Il n’y a que 8 façons possibles de mélanger une série de trois nombres binaires et chacune de ces façons peut être associée à un nombre entre 0 et 7

  • 000 =  0
  • 001  =  1 
  • 010  =  2
  • 011   =  3
  • 100  =  4
  • 101   =  5
  • 110   =  6
  • 111    =  7

Une fois ce code appris, on peut mémoriser 011-100-111-110-000-101 exactement de la même façon qu’on mémoriserait 347605. Cool non?

Mais pourquoi est-ce que 101 correspond à 5 et 110 correspond à 6? On aurait pu choisir des associations arbitraires (on aurait pu dire que 011 = 2 parce que ça me tente), mais on profite plutôt de l’occasion pour apprendre à "compter en nombres binaires”, en tout cas au moins jusqu’à 7. C’est un concept nouveau et cela m’a pris un petit moment pour bien le comprendre, mais une fois qu’on l’a saisi on se rend compte que c’est pourtant très simple. Je ne sais pas si je vais réussir, mais je vais tenter de vous expliquer rapidement.

Prenons un chiffre ordinaire comme 783. On est habitué de le lire et de le comprendre d’un seul coup, mais ce chiffre correspond en fait à l’addition de 700 (7 x 100) + 80 (8 x 10) + 3 (3 x 1). On multiplie le premier numéro par 1, le deuxième par 10, le troisième par 100, l’éventuel quatrième par 1000 et ainsi de suite. On y pense rarement de cette façon, mais c’est ainsi que les chiffres « normaux » fonctionnent.  

Les nombres binaires fonctionnent de la même façon que ce que je viens de décrire, sauf qu’au lieu de multiplier chaque numéro par 1, 10 ou 100, on les multiplie par 1, 2 ou 4 (et 8 et 16 et 32 et 64 si on souhaite continuer). Pour 0 jusqu’à 7, cela donne ce qui suit:

  • 000    =    (0 x 4) + (0 x 2) + (0 x 1)    =    0
  • 001     =    (0 x 4) + (0 x 2) + (1 x 1)     =    1
  • 010     =    (0 x 4) + (1 x 2) + (0 x 1)     =    2
  • 011      =    (0 x 4) + (1 x 2) + (1 x 1)      =    3
  • 100     =    (1 x 4) + (0 x 2) + (0 x 1)    =     4
  • 101      =    (1 x 4) + (0 x 2) + (1 x 1)      =    5
  • 110      =    (1 x 4) + (1 x 2) + (0 x 1)      =    6
  • 111       =    (1 x 4) + (1 x 2) + (1 x 1)       =    7

Cela peut être mélangeant au début, mais ultimement il suffit de savoir additionner 1 + 2 + 4. Si l'on souhaite compter plus loin en continuant avec la même logique, 111011001 nous donnerait 473. Pourquoi? Parce que (1 x 256) + (1 x 128) + (1 x 64) + (0 x 32) + (1 x 16) + (1 x 8) + (0 x 4) + (0 x 2) + (1 x 1) = 128 + 64 + 16 + 8 + 1 = 473. Il y a beaucoup de chiffres dans ce que je viens d’écrire et cela peut sembler intimidant et complexe, mais je vous assure que le principe de base reste simple. Je suis certain qu’en 3 minutes de conversation je pourrais parvenir à vous faire comprendre, c’est juste un peu difficile d’expliquer tout cela rapidement à l’écrit. Et comme le sujet est lié à l’informatique, tous les liens que je trouve en ligne sur le sujet insèrent toute sorte d’explications supplémentaires qui peuvent compliquer inutilement les choses pour les débutants. Reste ce vidéo en anglais qui me semble bien présenté, peut-être vous aidera-t-il. Si vous ne comprenez toujours pas, laissez le sujet de côté pour tout de suite, dormez une bonne nuit de sommeil puis demandez à quelqu’un qui connait un peu l’informatique de vous expliquer.

Mais bon, cela adonne qu’il est tout à fait possible de mémoriser des nombres binaires sans les comprendre. Il suffit de se familiariser avec le code de conversion de 0 jusqu’à 7, le seul qu’on a besoin d’utiliser. Pour la mémorisation, il plus simple et plus efficace de simplement se limiter à ces 8 combinaisons de 3 nombres binaires. Notre 111011001 de tout à l’heure, on pourrait bien sûr le convertir en nombres décimaux « normaux » et le retenir comme étant 473, mais c’est beaucoup plus rapide de simplement le diviser en séries de 3, soit 111 puis 011 et 001, et de changer chacun de ces petits blocs de trois au chiffre correspondant entre 0 et 7. Dans ce cas-ci cela nous donne 731. Une fois qu’on est bien familiarisé avec cette façon de transformer les nombres binaires, avec un peu de pratique la conversion peut être très rapide.

C’est donc ainsi que fonctionne la mémorisation de nombres binaires. Si vous mémorisez une série de quelque chose et que pour chaque élément, il n’y a que deux possibilités, vous pouvez les convertir en 0 et 1 et retenir tout cela avec un très petit nombre d’images. Un serveur qui s’occupe d'une table de 36 personnes dans un restaurant pourrait théoriquement choisir de retenir qui va ou non prendre du dessert en convertissant tous ces 36 « oui » ou « non » en une série de 12 numéros qui serait à leur tour converti en 6 images. Bon j’admets que vous ne serez probablement jamais confronté à une telle situation, mais cela reste un exercice intellectuel intéressant. Si vous devenez doué dans le domaine, peut-être allez-vous réussir à vous faire inviter au show à grand déploiement « Superhuman » sur le canal Fox et à, comme cet homme, impressionner suffisamment les juges et le public pour repartir chez vous avec la gloire et pas moins de 50,000 dollars. Cette série de 108 ballons rouges et noirs, je vous garantis qu’il les a retenus exactement de la même façon que 108 nombres binaires. Et pour retenir 108 nombres binaires, il faut très exactement le même nombre d’images que pour retenir 36 chiffres normaux, ce qui n’est rien du tout pour des mnémonistes entrainés comme lui et moi et peut-être vous. Ce n’est pas juste! Moi aussi je veux gagner 50,000$ à la télé bon!

balloons.PNG

Tout cela pour dire que pour la démonstration publique dont je vous ai parlé au début de cet article, j’étais très heureux de pouvoir retenir toutes ces séries de gauches et de droites comme s’il s’agissait de nombres binaires. Si le jeu me demande de retenir G(gauche)D(droite)D - DDG - GDG - DDG -DGD -DDD, je peux transformer cela en 100-001-101-001-010-000, puis en 415110, puis en l’image correspondante de mon système de mémorisation de chiffres. Avec mon système ici cela correspond à Gandhi (41) qui joue au golf (51) avec un boa constrictor (10). Une image mémorable au lieu d’une série de 18 gauches et droites. Quelques images comme celles-ci placées dans un palais de mémoire sont suffisantes pour traverser l'ensemble du jeu.

gd.PNG

Puis est-ce que j’ai anéanti monsieur Fringant avec mes performances de super mnémoniste bien entrainé? Ehhh… pas exactement. Les développeurs du jeu avaient créé une version spéciale bien plus courte seulement pour l’événement. Avec des niveaux beaucoup moins longs, cela devenait possible d’utiliser seulement sa mémoire à court terme pour rapidement passer d’un niveau à l’autre. Karl Tremblay m’a donc humilié durant la première partie! Heureusement qu’on avait prévu de jouer une 2e partie où l’on avait initialement le droit de prendre quelques minutes pour étudier sur une feuille tous les mouvements que nous allions devoir faire. Karl a rapidement mémorisé ce qu’il pouvait sur cette feuille et a commencé à jouer alors que je prenais mon temps pour tout apprendre l’ensemble du jeu. Il a eu le temps de parcourir la moitié des niveaux avant même que je commence, mais je suis tout de même parvenu à le rattraper une fois la mémorisation terminée. Mon honneur a donc été partiellement sauvé ( :

Fiou

GDrire.PNG

Un mois et demi plus tard, retour sur le 2018 IAM Canadian Open Memory Championship

Le 6 avril dernier je me trouvais en Alberta et rédigeais ce petit billet la veille d’une compétition qui s’annonçait bien difficile. Je vous invite d'abord à le lire si ce n’est pas déjà fait, notamment pour comprendre en quoi cette compétition diffère des autres auxquelles j’ai participé. J’ai été particulièrement occupé depuis, mais je crois qu’un mois et demi plus tard, il est grand temps que je vous raconte brièvement comment cela s’est passé. À mon avis, le plus remarquable de cette journée n’est pas les performances des gagnants, c’est plutôt le fait que l’organisateur Darren Michalczuk est parvenu à convaincre la moitié de ses élèves de 10 et 11 ans à se déplacer de leur plein gré, un samedi, pour passer des heures en silence à mémoriser des listes de chiffres, de mots aléatoires et de cartes à jouer! Merveilleux! Les systèmes de corrections très sévères et sadiques utilisés en compétition ont malheureusement fortement pénalisé toutes leurs petites erreurs et anéanti leurs résultats officiels, mais en termes de quantités d’informations mémorisées, les performances des élèves présents ont été tout à fait respectables. Sachant à quel point les techniques de mémorisation facilitent l’apprentissage dans leurs cours et ailleurs, j’ai bien hâte de voir ce que ces jeunes vont parvenir à accomplir dans le futur.

Parmi les grandes personnes qui participaient à la compétition, mention honorable à Ezequiel Valenzuela de Montréal notamment pour ses 316 chiffres mémorisés en 15 minutes, 16 de plus que moi, en utilisant un système qu’il n’a pas eu le temps de maitriser. Sans surprise l’Anglais Ben Pridmore, trois fois champion du monde (rien de moins), est arrivé en première place. Il est entre autres parvenu à mémoriser 625 nombres binaires (0100100101 et ainsi de suite) en 5 minutes, un jeu de cartes en 34 secondes et 6 paquets complets en 10 minutes. Légèrement plus grande surprise, le Britanno-Colombien (Google vient de m’apprendre que c’est ainsi que se nomment les habitants de la Colombie-Britannique) Braden Adams est passé bien près de réussir à le battre! Comme je l’écrivais la veille de la compétition, au cours de la dernière année il s’est entrainé avec une vigueur et une discipline remarquable, faisant des progrès spectaculairement rapides. De mon côté, pour toutes sortes de raisons avec lesquelles je ne vous ennuierai pas, je me suis concentré sur le cours en ligne sur lequel je travaille et j’ai pris beaucoup de retard dans mon entrainement de super "athlète de la mémoire". J’ai bien tenté de déstabiliser Braden en mettant de la drogue dans son eau et en lui lançant des petits objets durant les périodes de mémorisation. Rien n’y faisait, sa concentration était imperturbable! Résultat : il m’a battu dans presque toutes les 10 épreuves, sauf la dernière où j’ai sauvé une partie de mon honneur en mémorisant un jeu de cartes en une minute et 6 secondes, un record canadien qui risque fort de tomber en septembre ( :

Comme je l’écrivais la veille de la compétition, "dans les disciplines de compétition, Braden reste en ce moment presque indéniablement le meilleur au pays, du moins parmi les gens que je peux identifier". Sur le site d'entrainement Memory League, il est à un cheveux de réussir à mémoriser 50 mots relativement difficiles en seulement 60 secondes. Très impressionnant, mais je pense encore que nous n’avons rien vu encore! Ni de lui, ni d’Ezequiel, ni de moi, ni de plusieurs autres qui continuent de s’améliorer, et surtout ni de tous ceux et celles qui n’ont pas encore découvert le potentiel de l’art de la mémoire. Ce n’est qu’une question de temps, du moins j’espère, avant que nos performances de soi-disant "champions de la mémoire” cessent d’être considérées comme étant inaccessibles au commun des mortels.

Francis Blondin

P.-S. J’ai enregistré des entrevues avec Braden Adams et avec Ben Pridmore et j’ai bien hâte de trouver le temps de les retranscrire et de les partager avec vous.

P.-P.-S. Le prochain Championnat canadien de la mémoire, événement indépendant de celui que je viens de décrire, devrait avoir lieu le 1er septembre prochain simultanément à Montréal, Toronto et Edmonton. J’aurai des annonces à effectuer à ce sujet bientôt ( :

Le 2018 IAM Canadian Open Memory Championship et la perte annoncée de mon super titre

Je suis présentement en Alberta où je m’apprête à participer demain au 2018 IAM Canadian Open Memory Championship. IAM est l’acronyme de International Association of Memory, une jeune et fougueuse organisation qui a été formée récemment et dont je vous ai brièvement parlé ici. Le principal organisateur est un enseignant extraordinaire du nom de Darren Michalczuk, auteur de cet excellent ouvrage. Dans le monde de l’éducation, Darren est l’un des rares professeurs à avoir intégré sérieusement, et avec un énorme succès, les techniques de mémorisation à son enseignement.

Alors que le Canadian Memory Championship, la compétition dont j’ai eu la chance de sortir gagnant en 2016 et en 2017, est un événement qui vise principalement à ce que les Canadiens puissent s’affronter entre eux, le 2018 IAM Canadian Open souhaite attirer des participants du monde entier. Mir Ahmad Mahmoodi d’Afghanistan et Selim Aydin de Turquie ont répondu à l’appel, mais des problèmes de visa les ont malheureusement empêchés de se déplacer. Reste le légendaire Ben Pridmore, Anglais trois fois champion du monde et personnage important du merveilleux livre Moonwalking With Einstein, qui a eu la gentillesse de se déplacer. Nous avons tous bien hâte de le rencontrer et de se faire annihiler par ses performances! Parmi les Canadiens, on trouve quelques-uns des élèves de Darren, moi-même, le futur l’un des meilleurs au monde (mark my words) Ezequiel Valenzuela de Montréal et Braden Adams de Colombie-Britiannique.

La compétition va être vraiment difficile. Les épreuves sont plus longues, plus nombreuses, plus exigeantes et plus sévèrement corrigées (vous pouvez voir la liste allant sur ce site et en cliquant sur l’onglet “National”). Je suis un peu malade et, pour plusieurs raisons, loin d’être au sommet de ma forme. Ezequiel vient de complètement changer et réapprendre son système pour les chiffres et les cartes. Cette décision va sans doute beaucoup l’aider à long terme, mais malgré son très haut niveau d’habileté, demain il commence avec un énorme désavantage. Ben Pridmore va très certainement tous nous écraser. Si la mémorisation pouvait causer blessures et douleurs physiques, nous finirions tous la journée à l'hôpital. Parmi les Canadiens Braden Adams est clairement le favori. Depuis sa deuxième place au dernier championnat canadien, il s’est entraîné avec une admirable vigueur et a fait des progrès extrêmement impressionnant. Tout peut arriver en compétition. Stress, distractions, malchances et systèmes de correction sadiques peuvent laisser même les meilleurs avec des résultats médiocres. Mais qu’il remporte ou non la première place demain parmi les Canadiens (et ce serait bien surprenant que ce ne soit pas le cas), dans les disciplines de compétition, Braden reste en ce moment presque indéniablement le meilleur au pays, du moins parmi les gens que je peux identifier. Juste l’autre jour, il est parvenu à retenir une liste de 48 mots relativement difficiles, dans l’ordre, en moins de 60 secondes!

Braden va-t-il également remporter la première place au prochain championnat canadien*? C’est bien probable, mais encore loin d’être certain. Ezequiel aura alors terminé de maîtriser son nouveau super système, je vais me remettre un peu plus sérieusement à l’entraînement et d’autres terrifiants opposants comme Eric Li, Matt Kazakov, Darren Michalczuk, Zhu Shaoshi, Greg Sutherland, Jean Beland, Valérie Grenon, Mike Rodin, Reuben Hosler et possiblement d’autres ont tous de relativement bonnes chances de gagner s’ils sortent de l’ombre et se représentent à nouveau. Dans tous les cas, c’est merveilleux de voir à quel point le niveau a augmenté au pays depuis le premier championnat en 2012. Cela dit, je pense que ce n’est que le début et que nous n’avons rien vu encore. Dans quelques années, quand moi et d’autres auront terminé de faire connaître l’art de la mémoire au grand public, mes résultats de soi-disant “champion canadien” vont commencer à sembler bien banals (-:

*Cela reste à confirmer, mais le prochain Canadian Memory Championship sera probablement tenu simultanément à Montréal et à Edmonton à la fin juillet ou au début septembe, comme l’année dernière.

Une personne âgée peut-elle apprendre à rapidement mémoriser un jeu de cartes? Peut-on développer n’importe quelle habileté à n’importe quel âge?

Commençons par la mauvaise nouvelle: l’âge n’est malheureusement pas qu’un numéro et le temps cause de réels dommages au corps et au cerveau. D’éminents neuroscientifiques comme Adam Gazzaley affirment même que, de leur point de vue, on commence à être “vieux” dès la mi-vingtaine, soit l’âge où commence théoriquement une lente dégénérescence de nos facultés intellectuelles. La bonne nouvelle, c’est que c'est que la majeure partie de cette “dégénérescence” n’est ni inévitable, ni irréversible.

Ce qui rend l’apprentissage réalisable, c’est le remarquable niveau d’adaptabilité du corps et du cerveau humain. Les transformations sont plus faciles et plus rapides à certains âges qu’à d’autres, mais elles restent presque toujours possibles. Aussi longtemps que votre corps reste fonctionnel, vous pouvez développer de nouveaux muscles ainsi que de nouvelles habiletés intellectuelles. La neuroplasticité, soit la formation de nouvelles connexions neuronales, est un phénomène qui perdure tout au long de notre vie. Pour un individu motivé qui s’y prend de la bonne façon, devenir compétent à la pratique d’une activité nouvelle ne prend qu’une vingtaine d’heures de pratique réparties sur quelques semaines. Cette estimation doit sans doute être révisée à la hausse après un certain âge, mais est-ce si dramatique? Soyons très pessimistes et supposons qu’il vous faille 100 heures ou lieu de 20 pour, disons, apprendre à jouer d'un nouvel instrument de musique avec un minimum d'aisance. Cela resterait un objectif tout à fait réaliste. Faites le calcul. En pratiquant 45 ou 50 minutes par jour, 5 jours par semaine, vous pourriez développer deux habiletés complexes et complètement nouvelles au cours d’une année. Pour “trouver le temps”, il suffirait de couper un peu dans les 34 heures de télévision hebdomadaires qu’écoutent en moyenne les Québécois, sans parler des cellulaires et des mille et une façons de perdre son temps sur Internet. Même si pour une raison quelconque, vous commencez et abandonnez en chemin, le processus va rester plaisant et enrichissant.

Qu’en est-il de l’art de la mémoire? Quelques jours avant d’écrire cet article, j’ai donné une conférence devant une foule composée uniquement de gens du troisième âge. Ils ont réussi les exercices avec le même plaisir et la même facilité que les autres groupes à qui j’ai enseigné dans le passé. Il semble qu’il n’y a pas d’âge où l’on cesse d’être capable de visualiser un lieu et une petite histoire. Comme je l'explique habituellement, dès que l'on fait l'effort de les utiliser, les techniques de mémorisation apportent même aux débutants plusieurs bénéfices immédiats. Cependant, il faut un certain entraînement avant de pouvoir les utiliser avec une certaine aisance. Combien de temps? Beaucoup moins que pour la plupart des habiletés. Quant à savoir si c’est hors de portée des plus vieux, je vous réfère à ce qu’est parvenu à mémoriser l’auteur Lynne Kelly durant les dernières années. Wow! Bon d’accord, bien qu’elle aura bientôt 67 ans, elle reste manifestement brillante et particulièrement motivée. Qu’en est-il des gens qui ne sont pas aussi en forme ou pas aussi passionné? À ce sujet, je vous inviterais à jeter un coup d’oeil à cette bien intéressante petite étude. Je n’ai malheureusement pas d’étude plus récente ou plus importante à vous présenter (je vous le dirai quand j’en trouverai), mais je pense qu’elle reste pertinente. Sept patients âgés et souffrant de sévères problèmes de mémoire y ont été entraînés à l’utilisation de l’art de la mémoire. On parle de cas lourds ici, des gens qui sont bien souvent incapables de retenir une liste de trois mots. Trois des sept patients n’ont malheureusement fait aucun progrès significatif. L’auteur de l’étude explique cela par les particularités de leurs problèmes de santé et par le fait que “none of these patients could form vivid visual images, none had any recent memory modality preserved, non were aware of their memory defect or interested in improving it.” Pour les quatre autres cependant, les progrès sont loin d’avoir été minimes. Après un entraînement avec quelques tâches plus simples, “an assignment to memorize the US presidents is easily carried out and the successful patients are usually showing off their memory skill before friends and family”. Si vous avez de votre propre initiative trouvé ce site et lu cet article, vous êtes presque certainement en meilleure position que les patients de cette étude.

En ce qui me concerne, je me sens subjectivement beaucoup plus allumé à trente-cinq qu’à vingt ans. Sûrement que pour quelques tâches, exceller à certains jeux vidéos par exemple, mon potentiel était alors plus élevé qu’il ne l’est aujourd’hui. Mais pour le reste, je suis en meilleure forme physique, je suis plus actif, j’ai beaucoup plus de connaissances, je suis plus calme, plus stable émotionnellement, j’ai davantage confiance en moi et surtout, j’ai développé toute une série d’habiletés qui m’auraient jadis semblé inatteignables. Quand j’aurai 70 ans, je vais sans doute courir plus lentement et avoir plus de difficulté à battre mes records de mémorisation, mais je m’attends à pouvoir faire la grande majorité de ce que je sais faire aujourd’hui et plus encore. Je m’attends également à être toujours en mesure de développer des habiletés complètement nouvelles. Peut-être pas le breakdancing ou l’escalade extrême sans corde, mais certainement des habiletés comme la musique, les arts, la danse ou l’apprentissage d’une langue. Bon d’accord, c’est facile à dire pour moi aujourd’hui. On en reparlera dans trente ou quarante ans, voir si je suis toujours aussi prétentieux! Je pourrais bien sûr développer des problèmes de santé qui me feraient ravaler toutes mes paroles. Mais tant que j’aurai l’usage de mon cerveau, j’ai bien l’intention de continuer d’apprendre.

Conclusion: l’apprentissage est plus lent et plus difficile après un certain âge, mais il reste presque toujours possible. Si j’affronte un coureur olympique et un petit vieux (expression utilisée affectueusement!) dans une course folle jusqu’au parc le plus près, je n’ai pas besoin de vous dire qui va arriver premier et j’espère bien réussir à être deuxième. Quant au petit vieux, ses chances d’arriver en première place sont bien minces, mais tant qu’il continue à avancer, au bout du compte on va tous arriver au même endroit.

 

Quelques précisions supplémentaires:

- Le neuroscientifique Adam Gazzaley, cité au début de cet article, est également impliqué dans toute sorte de projets innovateurs et enthousiasmants pour permettre aux gens de tout âge de développer leurs habiletés intellectuelles. Malheureusement, les programmes développés par son laboratoire sont encore des outils de recherche et ne sont pour l’instant pas disponibles au grand public. Si le sujet vous intéresse, je vous invite à télécharger cette fascinante entrevue.

- Nous n’avons présentement aucune façon de guérir l’Alzheimer ou de le prévenir de façon sûre. Il semble même qu’après un certain âge, tous les cerveaux presque sans exception montrent certains signes de cette maladie. Cependant, nous avons de bonnes raisons de croire que les gens qui se maintiennent actifs physiquement, intellectuellement et socialement, qui ont des objectifs et qui se lancent des défis vieillissent avec beaucoup plus de facilité. C’est-à-dire que même lorsque leurs cerveaux commencent à subir des dommages, ils ont suffisamment de “réserves cognitives” pour ne pas souffrir des effets. Il faut toujours faire attention avec ce genre de données, mais sachez que les gens bilingues, par exemple, commencent à souffrir d’Alzheimer quatre ou cinq années plus tard en moyenne que le reste de la population. Plus vous maîtrisez de langues différentes, plus l’effet est spectaculaire. Bien sûr, je ne peux faire aucune promesse à cet égard, mais les signes me semblent encourageants. Pour plus de détail, vous pouvez vous rendre à votre bibliothèque préférée et chercher le numéro “July/August 2016” du magazine Scientific American Mind.

- Pour conserver son cerveau en santé, les éléments les plus importants sont le sommeil, l’alimentation saine, l’exercice physique, l’exercice intellectuel, la socialisation et, dans une moindre mesure, la méditation. Je traiterai de ces sujets de façon plus approfondie une autre journée. Pour ce qui concerne l’entraînement intellectuel, cet article de la revue Scientific American offre plusieurs pistes à explorer.

World Memory Championships versus World Memory Championships

Deux organisations rivales ont chacune tenu, à quelques jours d’intervalle, leur propre version d’un World Memory Championships (WMC). La plus ancienne de ces organisations est le World Memory Sports Council (WMSC) de Tony Buzan et Raymond Keene. En réaction aux abus de ces derniers, une jeune et fougueuse nouvelle organisation s’est unie sous la bannière de l’International Association of Memory (IAM). Pensez à l’Empire versus la Rébellion dans Star Wars. Les idéaux qui motivent les intrépides rebelles sont expliqués ici. Je ne connais pas tous les détails, mais à en croire les commentaires qu’on peut voir sur ce populaire groupe Facebook, IAM semble avoir les sympathies de la grande majorité des compétiteurs internationaux. Depuis 2015, une grande partie de ces derniers boycottent le traditionnel championnat WMSC. Alors donc, du 1er au 3 décembre le tout premier IAM-WMC (les “gentils”) a eu lieu à Jakarta, en Indonésie. En est sorti gagnant le fougueux Alex Mullen, jeune étudiant en médecine et responsable, avec son épouse, de l’excellent site mullenmemory.com. Mullen est entre autres parvenu à retenir une petite série de 3238 chiffres en 60 minutes, 568 chiffres en 5 minutes et 133 dates historiques en 5 minutes. Yanjaa Wintersoul, quant à elle, a retenu 212 noms internationaux en 15 minutes alors que Simon Reinhard a retenu 315 mots aléatoires en 15 minutes. Incroyable. Avec un peu de chance et dans des conditions idéales, j’aurais peut-être réussi à mémoriser un tiers de tout cela. Plus de détails sur: http://www.iam-memory.org/

La 26e édition du WMSC-WMC a ensuite eu lieu à Shenzhen en Chine, trois jours à peine après celui de IAM. L’événement était décidément moins international, mais les résultats ont été tout aussi impressionnants. Nouveau record du monde pour la mémorisation d’un jeu de cartes en 13.96 secondes (ben oui) par le Chinois Zhou Lujian. Des théories de tricherie possible circulent sur Facebook (un complot des “méchants” pour attirer l’attention des médias?), mais je ne vois personnellement pas de bonne raison de douter de la légitimité de ce nouveau record. En toute première place, une adolescente de 18 ans du nom de Munkhshur Narmandakh représentant la Mongolie. Sa soeur jumelle, aussi présente, a obtenu des résultats presque aussi spectaculaires. Munkhshur était aussi présente au championnat de IAM à Jakarta où elle a obtenu la deuxième place derrière Mullen, qui lui ne s’est pas présenté à Shenzhen. À Jakarta, Munkhshur a battu un record du monde en mémorisant 34 paquets de cartes en 60 minutes. Non satisfaite de cette performance décevante, elle est parvenue à retrouver son honneur en en retenant 37 à Shenzhen... Et vous combien de temps ça vous a pris la dernière fois que vous avez retenu 37 paquets de cartes d’un seul coup. Plus de détails sur: http://www.worldmemorychampionships.com

Le Darth Vador du WMSC discute des insolents rebelles de IAM: https://www.youtube.com/watch?v=c02l0pkdpyY

Ce qu'il est possible d'accomplir pour des jeunes motivés.

Je dois absolument vous parler des trois jeunes de 16 ans qui se sont présentés dans la section montréalaise du Championnat canadien de la mémoire 2017. La mémorisation est encore, au Canada du moins, une activité très marginale, mais je pense que ce n’est qu’une question de temps avant que cela prenne de l’ampleur et que ce sont des exemples comme ceux-ci qui vont y contribuer. Sami Rasheed de Toronto est parvenu à obtenir d'excellents résultats, 60 chiffres parfaitement mémorisés en 5 minutes par exemple, et ce seulement 6 semaines après s'être initié au domaine. Il s’y est mis durant la période estivale et j'ai bien hâte de voir à quel point cette nouvelle habileté va lui servir dans ses études. Je connaissais déjà Alex McAdams et Ezekiel Valenzuela. J'avais fait de la suppléance dans leur classe, appris tous les noms des élèves la veille et donné un bref atelier sur l'art de la mémoire. Alex avait ensuite commencé à lire sur le sujet et à se pratiquer. Selon ses dires: "*I went from having a 70% average in school to about 90% in a matter of weeks. I really didn't know what my brain was capable of doing." Wow. J'espère voir cette histoire se reproduire chez des milliers d'autres élèves. Quant à Ezekiel, il s'est mis au sujet plus tard, sous l'influence d'Alex. Il a lui aussi tiré profit de ces techniques pour ses études et sa vie de tous les jours, mais il est surtout devenu un réel passionné de tout ce qui concerne ce qu'on appelle la mémorisation sportive. Sa discipline, sa détermination et son désir de s'améliorer dans tout ce qu'il fait m'ont laissé complètement estomaqué. Il n'est malheureusement pas parvenu à reproduire cette performance en compétition, mais en pratique, *ce jeune fou furieux peut maintenant mémoriser l'ordre d'un paquet de 52 cartes en seulement 40 secondes (mise à jour: à la mi-octobre, il est maintenant rendu à 34 secondes). Wow à nouveau. S’il parvient à rester calme et concentré durant les épreuves, ce qui est loin d’être toujours facile, je m’attends à ce qu’il gagne haut la main le prochain championnat. Je pense qu'en plus des bénéfices directs liés à la pratique de l'art de la mémoire, cette expérience d'apprentissage accéléré et cette impressionnante discipline quotidienne vont lui permettre de réussir à peu près n'importe quel de ses projets futurs. Je sais que ces paroles vont sembler quelque peu forcées, mais je crois on ne peut plus sincèrement que ces trois jeunes étaient les trois individus les plus impressionnants dans la salle.

Championnat canadien de la mémoire 2017 - J'ai gagné à un cheveu près.

Le samedi 2 septembre 2017, ça a été difficile mais je suis parvenu à obtenir une deuxième fois le titre de "champion canadien" de la mémoire! La compétition a été tenue simultanément à Montréal et Edmonton. Peu de compétiteurs, mais très haut calibre moyen. Je pensais que tout se passait bien durant la majorité de la journée. J'avais obtenu des résultats un peu décevants dans les noms et visages, mais je m’étais repris en retenant 123 mots en 15 minutes (mon record personnel) et 180 numéros en 5 minutes. Puis un pigeon voyageur est arrivé avec les résultats d’Edmonton et j’apprends alors que l’horriblement cruel Braden Adams était en avance… Enfer et damnation! Il fallait alors absolument - une question de vie ou de mort - que je le batte à l’épreuve des cartes. Premier essai: 1 minute et 3 secondes, mais avec quelques erreurs, donc ça ne vaut rien… Dernier essai… ouf ce n’est pas stressant du tout… 1 minute 12 secondes, aucune erreur. Mes mains ont continué de trembler pendant encore un bon 20 minutes. Yé! Félicitations à Eric Yucong Li, Braden Adams, Darren Michalczuk et Zhu Shaoshi qui ont tous obtenu des résultats largement supérieurs à ceux que j'ai obtenus en 2016. Je ne l'ai appris que plus tard en soirée, mais Eric Yucong Li était parvenu à retenir 172 numéros en 5 minutes et un jeu de cartes en une minute et 29 secondes. Il était lui aussi bien prêt de me dérober la première place. Félicitation à Jean Béland pour sa deuxième place dans l'est du pays, sa discipline et ses rapides progrès. Jean a 44 ans et il s'est initié au sujet au début de cette année. Toute mon admiration aux trois jeunes de 16 ans qui se sont présentés à Montréal et dont je parle dans le post ci-dessus.

Ce sur quoi je travaille en ce moment.

Je ne peux malheureusement pas vous donner les détails, mais je travaille depuis un moment avec une entreprise qui souhaite m'aider à populariser l'art de la mémoire et, de façon plus générale, l'art "d'apprendre à apprendre". À long terme, nous avons une série de projets qui sont honnêtement extrêmement prometteurs et enthousiasmants. En premier lieu, un cours vidéo en ligne que je vais monter tout seul comme un grand et qui porte sur tout ce qui concerne la mémoire et l'apprentissage. Yé! C'est beaucoup de travail, un peu comme écrire un livre, mais vous en entendrez parler à nouveau bientôt j'espère. D'ici là, je reste disponible pour donner des ateliers ou des conférences pour les écoles, pour les entreprises ou pour les particuliers. Ça se déroule généralement très bien et la grande majorité des élèves et des participants apprécient l'exercice et ressortent agréablement surpris de ce qu'ils sont parvenus à mémoriser. Les ateliers en personne et les cours en ligne vont avoir un coût, mais ce site va rester une ressource complètement gratuite pour tous ceux et celles qui souhaitent apprendre de façon autodidacte. Je vais également continuer de le mettre à jour pour le rendre beaucoup plus complet qu'il ne l'est présentement.

En parallèle, je continue parfois de faire de la suppléance dans les écoles, mais la majorité de mon temps est maintenant dédiée à des activités liées à l'étude et la diffusion des meilleures techniques de mémorisation et d'apprentissage. Vraiment, même si mon appartement est bien minuscule et mon compte en banque l'est tout autant, je considère que c'est ridicule à quel point je suis privilégié.

 

 

Petit détail: Si jamais un lecteur hyper attentif se demande comment j'ai bien pu publier ce billet en février 2017 alors que la section "blogue" n'a été créée qu'en décembre 2017, c'est que j'ai simplement déplacé ici certains articles que j'avais initialement rédigés ailleurs.